• Olivier L. BRUNET

     

    Comment conçois-tu ton métier ?

    Comme une aventure toujours renouvelée. J'ai la chance d'avoir un réseau qui me permet de varier les expériences, de passer du documentaire au magazine, du reportage aux installations muséographiques. Je travaille à la fois pour la télévision, pour des entreprises ou pour de grandes institutions culturelles. Chaque projet est un prototype, et le plus souvent, c'est comme si je repartais de zéro, comme si je devais réinventer mes pratiques, imaginer une grammaire spécifique, ou tenter de déposer ma marque à l'intérieur d'un format pré-établi. Je ne travaille que sur commande, et c'est un privilège : je découvre à chaque fois une histoire, un milieu, un métier dont j'ignorais tout, et mon rôle est celui d'un passeur, qui doit chercher à retrouver la fraicheur de son premier regard pour le restituer sous la forme d'une vidéo, d'un film, ou parfois d'une installation multi-écrans complexe intégrant de l'interactivité.

    Et chaque fois il y a des rencontres, des amitiés qui se tissent le temps d'un projet, et je ne sais jamais ce qui m'attend après. Pourvu que ça dure.

     

    Quel est le plus beau projet sur lequel tu as travaillé ?

    Le prochain. Ça peut paraître une boutade mais c'est vraiment l'état d'esprit dans lequel je suis. Autrement, il y a des projets plus marquants que d'autres. Le film que j'ai réalisé pour l'APEAS (Association de Parents d’Enfants Accidentés par Strangulation) est l'un des plus modestes que j'aie fait, et c'est l'un de ceux dont je suis le plus fier, car les contraintes étaient très grandes : tournage avec des enfants, évocation d'un sujet tragique (le redoutable "jeu du foulard") à destination d'un public scolaire avec l'objectif de frapper les esprits sans pour autant traumatiser, et sans pathos. Je ne peux pas le revoir sans un nœud dans la gorge, ce qui me laisse penser que je l'ai réussi.

     

    Comment vis-tu l’évolution de ton métier ?

    Je ne fais jamais deux fois la même chose, j'ai donc du mal à voir les choses évoluer selon les filières, c'est mon parcours qui évolue. La constante c'est la démocratisation galopante des moyens de produire des images de qualité, alors que, quand j'ai commencé, les caméras étaient hors de prix, comme la pellicule, le développement et la post-production, ce qui réservait le métier à des professionnels chevronnés. Les outils sont à la portée de tout le monde aujourd'hui, la concurrence s'en trouve démultipliée : je vois ça comme un challenge excitant à relever, et une invitation à valoriser mon expérience.

     

    Quel serait le film le plus fou que tu aimerais réaliser ?

    Un film en noir et blanc tourné en pellicule et constitué d'un seul plan fixe qui évoquerait en temps réel un épisode imaginaire de l'enfance de Jésus. Personne ne va jamais me demander de faire ça !

     

    Un Réal de la Cie dont la réalité t’intéresse ?

    Chaque nouveau film de David LE GLANIC m'impressionne. Et c'est le cas pour pas mal d'autres réalisateurs de la compagnie.

     

     

    Allez voir le travail d'Olivier L. BRUNET !

  • François STUCK

    Comment conçois-tu ton métier ?

    Comme un artisan d’art.

     

    Quel est le plus beau projet sur lequel tu as travaillé ?

    Fukushima, la dignité du vivant ? Ce documentaire pose des questions essentielles sur notre rapport à la vie et aux autres.

    Je voulais filmer le lieu de LA CATASTROPHE.

     

    Comment vis-tu l’évolution de ton métier ?

    Le métier n'évolue pas puisque par nature il est en perpétuel mouvement. Ce sont les conditions de travail qui changent.

     

    Quel serait le film le plus fou que tu aimerais réaliser ?

    Le folie.

     

    Un Réal de la Cie dont la réalité t’intéresse ?

    Philippe PEREZ pour sa simplicité et son efficacité de sa réalisation.

     

    Allez voir le travail de François STUCK !

  • Guillaume JUHERIAN

     

    Comment conçois-tu ton métier ?

    Je conçois mon métier comme une possibilité d'étancher ma soif de découvertes, d'aventures.

    J'aime raconter les histoires et découvrir de nouveaux univers.

    Notre métier est un éternel recommencement. Je suis tellement heureux que le lendemain ne ressemble que très rarement à la veille !

     

    Quel est le plus beau projet sur lequel tu as travaillé ?

    Je suis très fier d'une série de documentaires co-réalisés avec mon ami Léo Scomorovschi en Asie et en particulier d'un 90 minutes tourné, il y a déjà 15 ans en Birmanie, à une époque où aucune caméra n'avait pénétré le Sud du pays :

    28 jours sur un vieux cargo en bois à voguer sans instruments sur la Mer Andaman, dans le golfe du Bengale. Les populations rencontrées, les tempêtes, le piratage, les décors dantesques et vierges, tout est resté gravé en moi.

    C'était une aventure extraordinaire autant qu'un tournage et un film dont je suis fier et qu'il ne serait plus possible de faire aujourd'hui car...le monde a changé.

     

    Comment vis-tu lʼévolution de ton métier ?

    Je répète à qui veut l'entendre que "ce n'est pas parce qu'on a inventé le stylo bille que tout le monde est devenu écrivain".

    Les outils modernes deviennent très abordables et peuvent "tout" faire mais bien raconter une histoire reste une question de sensibilité et éventuellement d’expérience.

     

    Quel serait le film le plus fou que tu aimerais réaliser ?

    Tourner dans l'espace ou sur la Lune ou sur Mars.

     

    Un Réal de la Cie dont la réalité t'intéresse ?
    J'ai envie de mieux connaitre le travail de Christophe PETITPREZ.

     

    Allez voir le travail de Guillaume JUHERIAN !

  • Joachim GLIEM

    Comment conçois-tu ton métier ?

    Le métier de réalisateur se ne limite pas au film de commande. C’est un métier hybride. Je ne pense pas que quelqu’un peut gagner son pain qu’avec des activités liées à la réalisation de films. Nous sommes obligés de faire autre chose à coté, travailler dans la formation, écrire un livre, rénover une maison, administrer des blogs et des sites etc. Nous sommes multitâches. Sur la photo je passe un coup de sable sur une sculpture.

     

    Quel est le plus beau projet sur lequel tu as travaillé ?

    C’était cet été mon film « Things I heard about » dans le cadre du festival « Process-space art festival. C’est un film libre. Le sujet s’est inscrit dans mon histoire personnelle : Pendant mes études, j’ai lu Elias Canetti. En 2017, 40 ans après je participe à une rencontre des jeunes artistes des quatre coins du monde dans sa ville natale. J’apprends que la Grande-mère de Bistra, ma femme est née 6 ans avant Canetti dans la même ville : Deux histoires, l’une racontée dans un bouquin de 3 tomes, l’autre cachée, entourée des taboues familiales. Alors je fais l’archéologie filmique cherchant les traces de la vie au debut du 20ème siècle à Roussé. Excitant, non ?

     

    Comment vis-tu lʼévolution de ton métier ?

    Aujourd’hui tout le monde peut filmer, monter et diffuser grâce aux évolutions techniques. Je trouve ça bien. Le filmmaking s’est démocratisé. Maintenant, il faut faire des films qui touchent ; et l’art, c’est monétariser son travail.

     

    Quel serait le film le plus fou que tu aimerais réaliser ?

    Un film sur le temps, car qui dit l’heure, contrôle tout. Un film qui traite les émissions du matin à la radio où on double ton salaire jusqu’à l’appel de muezzin passant par l’histoire du fuseau horaire.

     

    Un Réal de la Cie dont la réalité t'intéresse ?

    Pierre GUENOUN pour sa fougue et sa passion.

     

     

    Allez voir le travail de Joachim GLIEM !

  • Yves WAUCAMPT

     

    Comment conçois-tu ton métier ?

    Faire danser les images en mesure, avec démesure.

     

    Quel est le plus beau projet sur lequel tu as travaillé ?
    « Honda Interactive Theatre » en 1993, pour le 30° Motor show de Tokyo.
    Il fallait en 1993, (il y a 24 ans), retranscrire l’esprit automobile selon Honda,avec les moyens techniques les plus innovants de l’époque.

    Ecrans tactiles, films en images de synthèse (Sogitec), vidéo projecteurs multiples, le tout diffusé en laser disc et programmé par des techniciens de Nintendo !
    Ça n’a jamais marché, mais c’était très beau et souvent très surprenant !

     

    Comment vis-tu lʼévolution de ton métier ?

    Lʼévolution technologique fait que maintenant ça marche à chaque fois, que c’est toujours très beau et que ça reste encore surprenant.

     

    Quel serait le film le plus fou que tu aimerais réaliser ? 

    Le « Honda Interactive Theatre » en 2023...

     

    Un Réal de la Cie dont la réalité tʼintéresse ?

    Claude DEGOUTTE m’a toujours ébloui. Il a une manière très spéciale de raconter la vie; avec toujours son regard parfumé d’odeurs, d’arômes, de saveurs si nuancés...

     

     

    Allez voir le travail d'Yves WAUCAMPT !

  • Philippe DORISON

    Comment conçois-tu ton métier ?

    Je conçois mon métier comme la fabrication d’objets qui racontent une histoire (réelle ou de fiction) par des sons et des images, des moyens qui ne font pas uniquement partie de l’écrit, qui s’en échappent. Et ce, que l’on soit auteur de l’histoire de base ou non.

    Or, en gros depuis la nouvelle vague, est né en France le concept exclusif de film d’auteur, qui dévalorise celui ou celle qui prétend être réalisateur sans être auteur. C’est un peu dommage…

     

    Quel est le plus beau projet sur lequel tu as travaillé ?

    C’était la réalisation d’un programme de 3 heures, dont 1h20 de fiction et 1h40 de petits modules explicatifs. Un pur programme de commande pour Hachette. C’était une méthode d’apprentissage du français. Les petits modules étaient en fait des leçons de grammaire qui reprenaient, avec un comédien supplémentaire et toute une mise en page, des extraits de la fiction utilisés comme exemples.

    Je n’étais pas l’auteur de l’histoire, j’ai fait un travail de réalisateur, avec 4 ou 5 semaines de préparation, 3 semaines de tournage, une cinquantaine de comédiens, au moins 6 à 8 semaines de montage et post-production, une vraie équipe technique.

    Ça a été mon contrat le plus long, le mieux payé, le plus exigeant et aussi le plus fatiguant. Un vrai travail de réalisateur, en fait.

     

    Comment vis-tu lʼévolution de ton métier ?

    Comme l’a si bien dit Denis Harnois, je trouve qu’il est dommage que le réalisateur cesse d’être un chef d’orchestre pour devenir un homme-orchestre.

    C’est intéressant de savoir tout faire, de comprendre toutes les techniques auxquelles notre métier fait appel. Ça doit faire partie, à mon avis, de notre formation. Mais uniquement de notre formation. Si ensuite, sur de « vraies » productions, on doit être producteur + réalisateur + cadreur + preneur de son + monteur, là ce sera sans moi. Je préfère travailler en équipe, tout seul on s’ennuie très vite !

    Et je trouve très inquiétante la tendance actuelle qui incite (surtout les jeunes) à travailler comme auto entrepreneurs. Quand ils comprendront vers où ça les emmène, il sera grand temps pour eux de réviser leurs cours d’histoire concernant les acquis sociaux qui ont commencé à apparaître vers 1936. Mais ce sera trop tard pour en profiter ! Enfin, c’est mon avis et j’espère me tromper.

     

    Quel serait le film le plus fou que tu aimerais réaliser ? 

    L’adaptation du roman MERMERE de Hugo Verlomme.

    Parce que c’est une très belle histoire, fantastique mais pas que, pleine d’invention, qui se passe en grande partie sur et sous la mer. Et l’évolution des programmes ces dernières années permettrait de concevoir ce projet comme une série, car le format d’un long métrage serait un peu court.

     

    Un Réal de la Cie dont la réalité tʼintéresse ?

    Sara Grimaldi. Il y a quelque de chose de virevoltant.

     

    Allez voir le travail de Philippe DORISON !

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